Une abeille sauvage butine sur une fleur en bordure d’un trottoir à Berlin, entourée de bâtiments urbains, illustrant la cohabitation inattendue entre biodiversité et milieu dense.
Une abeille sauvage butine sur une fleur en bordure d’un trottoir à Berlin, entourée de bâtiments urbains, illustrant la cohabitation inattendue entre biodiversité et milieu dense.

La ville comme refuge pour les abeilles sauvages, une réalité surprenante mais bien réelle, surtout utile à un collègue ou un ami jardinier qui suit la biodiversité.

Berlin abrite plus d’abeilles que la campagne Fil de l’histoire et faits clés

Pendant des décennies, l’enseignement en écologie a affirmé que les villes étaient des déserts pour les insectes. Une étude menée à Berlin remet radicalement en question cette idée reçue. Des comptages montrent que la capitale allemande abrite environ 300 espèces d’abeilles sauvages, soit la moitié des espèces présentes en Allemagne. Ce niveau de diversité surpasse celui des zones rurales agricoles voisines, où l’usage intensif de pesticides a appauvri la faune pollinisatrice.

L’un des facteurs clés serait l’effet d’îlot de chaleur urbain : Berlin est 2 à 4 °C plus chaude que ses environs, ce qui prolonge la saison de butinage. Par ailleurs, depuis les années 2000, les grandes villes ont progressivement interdit les pesticides, transformant malgré elles leurs espaces verts en refuges. En revanche, les zones protégées rurales, censées protéger la biodiversité, sont contaminées en moyenne par 16,7 pesticides différents.

Ce renversement n’est pas total : les villes favorisent les abeilles, mais appauvrissent d’autres groupes comme les syrphes et les papillons. L’étude souligne que la gestion urbaine — comme une tonte moins fréquente — joue un rôle clé. À long terme, les villes pourraient même servir de réservoirs pour repeupler les campagnes dévastées, mais seule une transformation des pratiques agricoles permettra de sauver les insectes à l’échelle nationale.

Faits

  • Berlin abrite environ 300 espèces d’abeilles sauvages, soit la moitié des espèces présentes en Allemagne.
  • Les zones rurales en Allemagne ont perdu jusqu’à 82 % de la biomasse des insectes volants selon des pièges surveillés sur 27 ans.
  • Les échantillons d’insectes dans les réserves naturelles montrent une contamination moyenne à 16,7 pesticides différents.
  • L’effet d’îlot de chaleur urbain à Berlin prolonge la saison de butinage grâce à une température 2 à 4 °C plus élevée qu’en périphérie.
  • Une étude de 2022 de l’Université libre de Berlin montre que moins tondre les espaces verts augmente la biodiversité des insectes.

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