Marché de gros à Tunis, avec des étals de légumes sous une lumière vive, des vendeurs en discussion, et une pancarte indiquant des prix en dinars tunisiens.
Marché de gros à Tunis, avec des étals de légumes sous une lumière vive, des vendeurs en discussion, et une pancarte indiquant des prix en dinars tunisiens.

L'envolée des prix touche un moment sacré, surtout pour un proche qui suit la vie quotidienne en Tunisie.

L’inflation gâche l’Aïd en Tunisie Fil de l’histoire et faits clés

Alors que les musulmans du monde entier s'apprêtent à célébrer l’Aïd el-Kebir le 27 mai 2026, la fête est assombrie en Tunisie par une inflation galopante. Dans les marchés comme celui de Bir Kassaa à Tunis, les prix des denrées alimentaires ont grimpé de près de 20 % en un mois, affectant directement les traditions festives. Les familles hésitent désormais à acheter un mouton entier, symbole central de la célébration, en raison du coût croissant.

Cette pression sur les prix s’explique par une combinaison de facteurs : retards d’approvisionnement, baisse de production liée aux aléas climatiques, et hausse du prix des engrais. Les petits agriculteurs, déjà fragilisés, peinent à intégrer les circuits officiels faute de trésorerie, ce qui favorise l’émergence d’intermédiaires informels qui alourdissent la chaîne de distribution. Selon l’agriculteur Leith Ben Becheur, ces acteurs ajoutent des marges à chaque niveau, contribuant à la flambée des coûts.

Par ailleurs, le secteur du stockage est en crise. Depuis quatre ans, des contrôles sévères contre la spéculation ont découragé les entrepositaires, réduisant l’offre de produits frais. L’économiste Ridha Chkoundali souligne que cette politique a eu un effet inverse à celui escompté : en décourageant le stockage, elle a aggravé la pénurie. Enfin, le contexte géopolitique mondial, selon le ministère du Commerce, amplifie aussi les tensions sur les prix, rendant les préparatifs de l’Aïd particulièrement difficiles cette année.

Faits

  • L’Aïd el-Kebir est célébré le 27 mai 2026.
  • En Tunisie, certains prix alimentaires ont augmenté de 20 % en avril 2026.
  • Les pommes de terre passent de 1,6 à 2 dinars le kilo sur le marché de Bir Kassaa.
  • Les petits agriculteurs manquent de trésorerie pour rejoindre les circuits officiels, selon Leith Ben Becheur de Synagri.
  • Le stockage de produits frais est découragé par des contrôles anti-spéculation depuis quatre ans, selon l’économiste Ridha Chkoundali.
  • Le ministère du Commerce attribue la hausse des prix aussi à l’impact du contexte géopolitique mondial.

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