Affiche du FID Marseille avec le nom de Nadav Lapid barré, entouré de visages de cinéastes signataires de la tribune de soutien.
Affiche du FID Marseille avec le nom de Nadav Lapid barré, entouré de visages de cinéastes signataires de la tribune de soutien.

Le refus de réduire un artiste à sa nationalité mérite d'être gardé en tête, surtout pour un collègue qui suit les débats culturels au-delà du titre.

Un cinéaste israélien boycotté en France Fil de l’histoire et faits clés

Le réalisateur israélien Nadav Lapid, lauréat de l'Ours d'or 2019 et connu pour ses critiques acerbes du gouvernement israélien, a dû se désister de sa participation au Festival international du documentaire de Marseille (FID) en juillet 2026. Il avait été invité à siéger dans le jury et à présenter son film, mais des pressions extérieures ont conduit à son retrait. Selon la directrice de l'événement, Tsveta Dobreva, des appels à la désinvitation et le retrait d'une dizaine de films par des cinéastes ont pesé sur la décision. Ce boycott cible Lapid non pas pour son œuvre, mais pour sa nationalité, malgré son opposition publique à la politique de Benjamin Netanyahu.

Une tribune publiée dans Le Monde, signée par des figures majeures du cinéma comme Justine Triet, Apichatpong Weerasethakul, Arnaud Desplechin et Mia Hansen-Løve, dénonce une « logique d'assignation » et le « simplisme désolant » de vouloir écarter un artiste de l'espace public. Elias Sanbar, écrivain et ancien ambassadeur de Palestine à l'UNESCO, et l'acteur Niels Schneider figurent aussi parmi les signataires. Ils affirment que la présence d’un cinéaste dans un jury ne fait pas de lui le représentant de son État, surtout lorsqu’il le critique ouvertement.

Le film de Lapid, Oui (2025), une satire virulente de la société israélienne après le 7 octobre 2023, a ravivé les tensions. Bien qu’il condamne la violence à Gaza, sa position ne suffit pas à certains pour garantir sa place dans les festivals. La municipalité de Marseille, partenaire de l’événement, n’a pas encore réagi. L’affaire interroge sur les limites de la liberté artistique et la pression croissante sur les institutions culturelles face aux conflits géopolitiques.

Faits

  • Nadav Lapid, réalisateur israélien et lauréat de l'Ours d'or 2019, a annulé sa participation au FID Marseille 2026 en juillet après des pressions.
  • Une tribune dans Le Monde, signée par Justine Triet, Apichatpong Weerasethakul, Niels Schneider et Elias Sanbar, dénonce le boycott comme un « simplisme désolant ».
  • La directrice du FID, Tsveta Dobreva, a confirmé des « pressions » et des appels à la désinvitation, entraînant le retrait d'une dizaine de films.

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