Illustration d’un réacteur nucléaire massif entouré de symboles de protestation, de flammes et de panneaux solaires, avec des chiffres de coût et de production en arrière-plan.
Illustration d’un réacteur nucléaire massif entouré de symboles de protestation, de flammes et de panneaux solaires, avec des chiffres de coût et de production en arrière-plan.

Un projet pharaonique tombé en panne plus qu’en marche, utile contexte pour un collègue curieux de l’histoire des énergies.

Un réacteur pour 12 milliards, presque jamais utilisé Fil de l’histoire et faits clés

Superphénix, le réacteur surgénérateur français basé à Creys-Malville dans l’Isère, reste l’un des projets nucléaires les plus coûteux et les moins opérationnels de l’histoire. Conçu dans les années 1970 pour produire plus de combustible qu’il n’en consommait, il a été présenté comme une solution durable à la crise énergétique post-choc pétrolier. Avec une puissance de 1 200 MWe, c’était le plus grand réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium jamais construit. Malgré cet ambitieux potentiel, son exploitation a été marquée par des retards, des manifestations violentes, des attaques et des arrêts administratifs prolongés.

La construction du réacteur a débuté en 1976, mais a été immédiatement entourée de controverses. En 1977, la mort d’un manifestant lors d’un rassemblement de 60 000 personnes a symbolisé la fracture sociale autour du nucléaire. En 1982, un attentat à la roquette a endommagé le site. Couplé au réseau en 1986, Superphénix n’a fonctionné que 53 mois sur onze ans d’existence, avec une immobilisation de trois ans et demi à la suite d’un blocage administratif.

Le coût total du programme s’élève à 12 milliards d’euros (hors démantèlement), pour une production d’électricité six fois inférieure aux attentes. En 1998, le gouvernement de Lionel Jospin, sous la pression des Verts, a acté l’arrêt définitif. Depuis 1999, le site est en cours de démantèlement, une expertise que la France exporte désormais, ironiquement, à l’international. Le site accueillera à terme un parc photovoltaïque.

Faits

  • Superphénix a coûté 9,1 milliards d’euros en construction et 1 milliard par an de fonctionnement.
  • Il a fonctionné seulement 53 mois sur onze ans d’existence, avec un arrêt de trois ans et demi.
  • Le réacteur a été attaqué par roquette en 1982 et a fait l’objet de manifestations massives, dont une a causé la mort d’un manifestant en 1977.
  • La Cour des comptes a estimé le coût total du programme à 12 milliards d’euros, hors démantèlement.
  • Le site de Creys-Malville est en cours de démantèlement jusqu’en 2030, avec expertise internationale d’EDF.
  • Un parc photovoltaïque est prévu sur le site après le démantèlement.

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